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Accompagner dans la dignité

Les événements douloureux de Bayonne [1]. ne peuvent laisser silencieux. Dire « non » à l’euthanasie, c’est aussi dire « non » à l’acharnement thérapeutique.
C’est appeler à des soins palliatifs accompagnant le patient en fin de vie, et de préférence à son domicile. C’est faire le choix de prioriser ces unités de soins. C’est refuser que la subjectivité, de quelque compétence qu’elle soit, dispose de la vie d’autrui. C’est respecter la légitime oscillation psychique du grand malade entre son « vouloir mourir » et son « vouloir vivre ». Et, du fait de ces changements, ne poser aucun acte irréversible.
C’est écouter la personne souffrante. Lui tenir la main. Rejeter à la fois tout dolorisme et tout scientisme. Être vrai au sujet de l’insatisfaction éthique dans laquelle sont d’autres pays qu’il faudrait soi-disant « rattraper », en matière de législation de fin de vie. C’est refuser qu’on résume une personne à son « état » présent. Dire « non » à l’euthanasie, c’est attester que la dignité de l’agonie est constitutive de la dignité plénière de l’homme.
Mgr Bernard Podvin
Porte-parole des évêques de France
Compte tenu du retentissement de « l’affaire de Bayonne » Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, rappelle dans un communiqué de presse la position de l’Eglise sur la question de l’euthanasie.
Accusé d’avoir délibérément provoqué la mort de plusieurs patients en fin de vie, un médecin urgentiste de l’hôpital de Bayonne vient d’être mis en examen.
Comme on pouvait s’y attendre, cette triste affaire est « instrumentalisée » par des personnes ou des lobbies qui tentent de relancer le débat sur la légalisation de l’euthanasie.
Or, il n’est pas concevable qu’un médecin, dont la vocation est de soigner les personnes qui lui sont confiées, puisse s’arroger le droit de supprimer un patient (malade incurable en fin de vie, personne âgée ou handicapée, etc.) au nom d’une compassion mal comprise (« j’ai trop souvent vu la pitié s’égarer » écrivait Antoine de Saint-Exupéry...).
Certes, la confusion qu’entretiennent certains médias est telle que beaucoup de nos concitoyens se disent ou se croient favorables à l’euthanasie, alors qu’ils sont simplement (et tout à fait légitimement) opposés à l’acharnement thérapeutique.
Moralement inacceptable, l’euthanasie, qui consiste à mettre fin à la vie d’un malade, est parfaitement illégale en France. L’acharnement thérapeutique (c’est-à-dire « l’obstination déraisonnable » par laquelle un malade est artificiellement maintenu en vie au prix d’actes inutiles et disproportionnés) est également interdit par la « loi Léonetti » du 22 avril 2005, qui impose au corps médical la prise en charge des malades en fin de vie et l’obligation de
soulager leurs souffrances, mais la mise en oeuvre de cette loi se heurte, en particulier, à l’insuffisance des centres de soins palliatifs, dont le développement devrait être une des priorités des pouvoirs publics en France.
D’une façon générale, la banalisation de l’euthanasie, et a fortiori, sa légalisation, est une « évolution » (ou plutôt, une terrible régression) à laquelle nous nous opposons au nom même du droit de chacun de vivre et de mourir dignement.
+ Marc Aillet,
évêque de Bayonne, Lescar et Oloron,
le 15 août 2011
[1] Août 2011 : Accusé d’avoir délibérément provoqué la mort de plusieurs patients en fin de vie, un médecin urgentiste de l’hôpital de Bayonne a été mis en examen.