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galet Décès du père André Bacher

Célébration des obsèques du Père ANDRE BACHER
Paroisse Saint-Benoît – le 28 septembre 2011

1 Jn 3,14.-16-20
Ps 129 ; Mc 16,1-8

Homélie Le récit que nous venons d’entendre ouvre à l’espérance. Mais n’allons pas trop vite ! Observons d’abord la présence de quelques femmes, des familières de Jésus que nous pouvons appeler ses amies : MARIE-MADELEINE, MARIE, mère de JACQUES, et SALOME. Le Père ANDRE BACHER, comme en témoigne votre présence, a vécu son ministère dans l’amitié, une amitié qui inspirait la paix, une amitié qui est source d’espérance.

Son ministère ne l’a pas détaché de sa famille. Il a célébré le mariage de ses cinq frères et sœurs et le baptême de nombreux neveux. La présence de sa maman pendant tout un temps au presbytère à la Côte Durieux manifeste une vie unifiée entre sa vie de prêtre et sa vie en famille.

Son ordination n’a pas transformé le Père BACHER en fonctionnaire, assurant des heures de service. Elle l’a fait entrer un peu plus dans ce courant d’amitié qui nous vient de Dieu, qui va à la recherche de l’humanité, jusqu’au bout de celle-ci, pour la sauver par amour.

J’ai aimé découvrir la lettre qu’il y a 40 ans il écrivait à l’évêque d’alors, le Père PAUL-MARIE ROUSSET, au sujet de son désir d’être moniteur d’auto-école. Je le cite : « L’expérience de l’an dernier m’a paru positive : rencontre de toutes sortes de gens, des jeunes en particulier connus il y a quelques années au catéchisme, mais sur un plan permettant un dialogue plus vrai. Je situe ce travail professionnel comme un complément, un moyen pour moi de mieux accomplir mon ministère de prêtre chargé d’un quartier, et surtout pas une évasion de ce ministère ».

C’est dit simplement et sans se prendre trop au sérieux : « des membres de ma famille exploitent une auto-école, d’où le CAP de moniteur passé un peu par amusement, un peu pour rendre service éventuellement ». Amusement et service : je vois que vous reconnaissez le Père ANDRE BACHER.

Dieu a voulu que la résurrection de son fils soit connue en premier à travers ces femmes venues au tombeau de bon matin, non pas d’abord comme un acte de foi mais comme un acte profondément humain, prolongement de l’amitié qu’elles avaient reçue : « Elles achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus » (Mc 16, 1) ?

En fait, la résurrection de Jésus ne commence pas le matin du premier jour de la semaine, comme la vie éternelle ne commence pas pour ANDRE aujourd’hui. C’est bien ce que nous avons entendu de St Jean : « Parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie » (1 Jn 3, 14).

ANDRE a aimé la rencontre des gens, les enfants du catéchisme devenus grands, comme il écrivait il y a 40 ans ; la rencontre des malades et des personnes âgées qu’il visitait fidèlement, écoutant et annonçant l’évangile de la vie éternelle.

Votre espérance ne commence pas aujourd’hui et, pourtant, il y a quelque chose d’unique dans la confrontation à la mort, pour vous comme pour les femmes qui sont allées au tombeau.

L’évangile dit qu’elles sont hors d’elles-mêmes (Mc 16, 8) ; Matthieu dit qu’elles sont tremblantes et toutes joyeuses (Mt 28, 8). L’un des ses neveux me confiait lundi son étonnement devant la paix qui l’envahissait malgré l’intensité de la peine correspondant à l’intensité de sa relation avec celui qui l’accueillait à la cure petit.

Si le croyant écoute bien son cœur, s’il écoute le profond de son âme, il est probable qu’il connaisse la succession ou la superposition de ses sentiments apparemment contradictoires : l’inquiétude et la paix. C’est le propre de l’espérance ! Oui, Jésus est vraiment ressuscité mais nous sommes encore en chemin, un chemin ardu, un chemin à la fois obscur et lumineux. Car le chemin du Père est un chemin discret qui vient rejoindre nos interrogations : Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau (Mc 16, 3).

Demandons au Seigneur la confiance dans la providence, comme signe de l’espérance de la vie éternelle ; demandons au Seigneur qu’il nous fasse la grâce de la paix plus forte que notre peine ; demandons au Seigneur la joie de croire vraiment qu’André est maintenant de ceux qui nous ouvrent l’entrée du ciel à la suite de Jésus ; demandons au Seigneur de faire confiance aux autres et à Lui pour rouler les pierres qui nous empêchent de voir la lumière ; demandons au Seigneur d’être envoyés, comme les femmes, annoncer la résurrection de Jésus ; demandons au Seigneur de trouver dans nos vies sa présence.

+ DOMINIQUE LEBRUN
Evêque de SAINT-ETIENNE.

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Homélie de Mgr Dominique Lebrun à l’occasion des funérailles du Père André Bacher





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Publié le : 03.10.2011 00:55 - Mis à jour le : 13.10.2014 15:38