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galet Des nouvelles de de Nathalie Perrussel, coopérante au Burkina Faso

Chère famille, chers amis,

Plus les mois passent, plus j’ai l’impression que mon courrier du début du mois revient de plus en plus vite. Ce mois-ci j’ai quitté Ouagadougou pour passer 15 jours à Kaya, petite ville à 70km au Nord de Ouagadougou.

L’organisation de mon départ pour Kaya a été une vraie aventure. L’Onatel qui gère internet, le réseau de téléphonie fixe et le réseau de portable Telmob était en grève, donc pendant 5 jours je n’avais plus d’accès à internet ni de téléphone. Le numéro que j’avais de l’abbé Laurent, directeur de la radio Notre-Dame de Kaya était son numéro Telmob donc impossible de se joindre pour confirmer mon arrivée et se donner rendez-vous. La veille de mon départ, rien n’avait été confirmé. Après de nombreux coups de fil on a fini par trouver comment le joindre. J’ai emprunté le téléphone de Gildas qui avait un réseau qui fonctionne mais impossible d’avoir l’abbé au bout de la ligne et les textos ne passaient pas, …. Plusieurs heures plus tard l’abbé a rappelé mais je n’étais plus à côté de Gildas. Celui-ci est venu jusqu’à chez moi mais je n’étais pas là. Il a laissé un message que j’ai eu plusieurs heures plus tard. Il a fallu que je parte à la recherche d’un téléphone qui fonctionne pour réessayer de joindre l’abbé. Après plusieurs essais, enfin je l’avais au téléphone et on pouvait fixer mon heure de départ et d’arrivée. Mais il me manquait encore un moyen de locomotion pour aller à la gare routière dont j’ignorais l’emplacement. Heureusement Gildas n’habite pas loin, je suis donc allée chez lui et il était là … ouf. J’ai pu faire le point avec lui pour qu’il m’emmène au lieu de départ. Le lendemain à l’arrivée du car, l’abbé Laurent n’était pas là. Alors de nouveau il a fallu que je parte à la recherche d’un téléphone qui fonctionne pour lui dire de venir me chercher. Il n’y a pas à dire, on s’habitue à ces moyens de communication modernes et quand ça ne fonctionne pas, c’est la galère ! 15 jours pour une mission qui me paraissait simple : classement de la base de données. Au premier coup d’œil, je me suis dit : « pas de problèmes, en trois jours c’est fait » et puis je me suis mise au travail et là … Il y en avait dans tous les sens, des doublons, des triples, … des sous-dossiers de sous-dossiers … Il m’a fallu une semaine rien que pour arriver à faire le ménage de tout ce qui était en trop avant de commencer à reclasser. Mais j’étais heureuse car j’avais enfin une mission claire, les moyens de la faire et j’ai pu travailler, vraiment travailler. Et tout ça s’est fait dans une ambiance bonne enfant, avec une petite équipe très sympathique. C’est une petite radio qui a peu de moyens mais ils font ce qu’ils peuvent pour tenir l’antenne de 5h30 à 13h30 et de 17h30 à 23h. Ce sont de grands adeptes de Radio Espérance : cela m’a fait tout bizarre de reparler du pays avec une personne qui connaît la radio à « Sainté », les programmes, le directeur, l’équipe ….
Dans le studio, il y avait le programme de la journée type du dimanche affiché, je m’approche, curieuse, et puis après quelques lignes, je m’arrête et là je réalise que ce programme je le connais par cœur, c’était celui de l’année 2009-2010 de Radio Espérance : quelle surprise !

Quand les responsables des différentes radios me demandent de venir, j’ai toujours l’impression qu’ils pensent que ma simple présence va avoir un effet magique et ça me met mal à l’aise. A Kaya, ils captent Radio Espérance avec un poste World Space (pour les non-initiés c’est un poste de radio satellite). Celui-ci ne marchait plus depuis plusieurs mois, ils ont tout essayé, fais venir des techniciens, … mais rien à faire. A peine avais-je franchi la porte de la radio, qu’ils m’ont apporté le poste en question. Pas très sûre de pouvoir faire quelque chose, je le prends, je sors et je demande où est le sud- sud-est, lieu du satellite. Ils me montrent la direction, je prends l’antenne et là … miracle …. J’entends la voix du Père Yannick Bonnet et sa catéchèse du dimanche soir ! Du premier coup, sans n’avoir rien fait, cela marchait : avec ça, impossible de leur faire comprendre que je n’étais pas magique !

Pour finir une bonne nouvelle, l’autorisation de minuit, c’est fini !!! Le couvre-feu est un mauvais souvenir.

Bon tout ça pour dire que je vais bien, que tout continue à bien se passer. Juste pour vous mettre un peu dans l’ambiance, j’écris ces quelques lignes planquée sous ma moustiquaire car les moustiques sont arrivés nombreux avec les premières pluies, dans une chambre où il fait 35°C malgré l’heure tardive. L’électricité vient d’être coupée, alors fini la lumière mais surtout le ventilateur. Mes draps sont mouillés par ma transpiration, à laquelle je fais une allergie d’ailleurs, et je vais de ce pas aller prendre une douche dans une autre chambre car il n’y plus d’eau dans la mienne depuis qu’ils ont commencé à tout refaire dans le bâtiment. Alors pas question de venir m’embêter avec votre canicule cet été, je vous préviens !

Je ne vous oublie pas et espère sincèrement que tout va bien de votre côté.

Affectueusement,
Nathalie PERRUSSEL
Radio Ave Maria
01 BP 90 Ouagadougou 01
Burkina-Faso
00226.72.85.05.74




Publié le : 14.06.2011 10:50 - Mis à jour le : 14.06.2011 10:51