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Que fête-t-on à l’Ascension ?

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galet Homélie du P. Dominiquepour l’inauguration du pontificat du Pape François

Mgr Dominique Lebrun a présidé une messe d’action de grâces pour le nouveau pape François mercredi 20 mars 2013 à la cathédrale Saint Charles.
A lire l’homélie.

Messe à l’occasion de l’inauguration du ministère pétrinien du Pape François Cathédrale Saint-Charles – le 20 mars 2013

1 P 5, 1-5.11-12 ; Ps 22
Jn 21, 15-19

Homélie

Frères et sœurs,

Cette page d’évangile nous transporte après Pâques, dans le souffle du Ressuscité. Le dialogue entre Jésus et Pierre est le dernier que Jésus a voulu avoir avec celui qu’il établit pasteur de ses brebis. Et de quoi s’agit-il dans ce dialogue, sinon d’amour ?

Hier, le Pape François a médité sur la vocation de St Joseph comme gardien et protecteur. En pensant à l’action concrète de l’époux de la Vierge Marie, il nous disait : N’ayez pas peur de la bonté et de la tendresse. Sur notre chemin du carême comme sur celui de l’Eglise au milieu du monde, ce conseil est le bienvenu.

La bonté est l’œuvre de celui qui est bon. Pouvons-nous dire que nous sommes bons ? Dieu seul est bon ! Dieu est bon et ce qu’Il fait est bon, y compris à travers les hommes et les femmes de bonne volonté. La tendresse est comme la fine pointe de la bonté. Elle s’adresse au cœur et se manifeste par des attentions, du plaisir, de la joie. A Rome, l’atmosphère était bien à la joie. Goûtons les moments de joie et de paix, comme ce soir. Goûtons-les d’où qu’ils viennent. Goûtons-les d’autant plus lorsque l’on a la grâce d’en connaître l’auteur : Dieu très bon.

Le Pape François a souligné que la vocation de Joseph a traversé les moments sereins et les moments difficiles de la vie voire dramatiques. Jésus ne dit pas autre chose à Pierre : Quand tu seras vieux, tu étendras les mains et c’est un autre qui te mettra la ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu (Jn 21, 18-19).

Comme vous le savez et nous l’avons bien entendu, le Pape est l’Evêque de Rome. Plus exactement, l’évêque de Rome est le Pape, en raison même du martyr de Pierre à Rome. C’est là qu’il a donné sa vie comme le Christ, c’est là qu’il a répondu jusqu’au bout de son amour à l’appel de Jésus : Suis-moi (Jn 21, 19). Les cardinaux élisent le Pape en tant que membres du clergé de Rome. Chaque cardinal a, en effet, une charge dans le diocèse de Rome, charge que, bien entendu, il délègue. Ainsi se perpétue la mémoire du premier des apôtres dont la mission est de rendre témoignage par sa vie et par ses paroles à l’amour du Christ.

Pourquoi sommes-nous joyeux ce soir ? Parce que nous aimons le style du Pape François ou bien parce que nous admirons l’acte de foi que représente son élection et son acceptation ? Les deux sont légitimes. L’acte de foi, cependant, nous entraîne plus loin. Croyons-nous que le successeur de Pierre lui succède d’abord et avant tout pour témoigner du Christ et nous entraîner à témoigner dans l’unité et la communion, bien au-delà de nos idées personnelles ? Comme le dit l’apôtre Pierre : Je suis témoin de la passion du Christ, et je communierai à la gloire qui va se révéler (1 P 5, 1).

La passion du Christ se poursuit dans le monde, partout où des hommes, des femmes, des enfants souffrent, partout où l’humanité est défigurée, partout où des personnes ont faim, sont sans toit, sont blessés dans leur dignité. Depuis dimanche, nous sommes entrés dans le temps de la passion. L’engagement des catholiques contre toute forme de pauvreté puise sa source dans l’engagement de Jésus -sa passion- et l’appel qu’il lance à ses disciples : Suis-moi. Notre engagement puise aussi sa source dans l’espérance de la Résurrection. Nous croyons en la puissance de l’amour qui renverse la mort et tout ce qui sent la mort, et seulement en la puissance de l’amour.

Frères et sœurs, en accueillant avec une certaine fierté le choix des cardinaux et de l’Esprit Saint, rendons grâce à Dieu avec humilité : comme l’a dit St Pierre, l’humilité est notre vêtement de travail (1 P 5, 5) ; Et arrosons notre joie avec l’eau de la foi et de l’espérance. Nul doute alors que des fruits de charité -de bonté et de tendresse-donneront au monde un avant-goût du Royaume des cieux.

+ DOMINIQUE LEBRUN





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Publié le : 21.03.2013 11:33 - Mis à jour le : 05.05.2014 09:34