Accueil > Actualités > Jubilé missionnaire diocésain > Echos de l’année fraternelle
13.

Don en ligne

Rejoindre le Monastère Invisible

galet Echo fraternel de "Voir Ensemble"

Les membres de notre diocèse porteurs d’un handicap visuel, qui ont souvent des difficultés à participer à la vie en paroisse, vivent un beau chemin dans le cadre de notre « année fraternelle » diocésaine.

Le mouvement VOIR ENSEMBLE, mouvement chrétien qui accueille des personnes déficientes visuelles et leurs accompagnateurs, s’est engagé dans l’invitation diocésaine pour cette année de la fraternité. Clin d’œil de l’Esprit Saint : la fraternité est aussi le thème retenu par la pastorale nationale de VOIR ENSEMBLE, en vue de son pèlerinage national à Lourdes en avril prochain, et de son assemblée générale nationale en juin, avec comme déclinaison « la fraternité : vivre ensemble pour voir ensemble ».

Notre groupe diocésain VOIR ENSEMBLE vit chaque mois une rencontre de fraternité, comme on peut les connaître sur nos paroisses : temps d’écoute, de partage et d’approfondissement de la Parole de Dieu, temps pour prendre soin les uns des autres, surtout des malades et des polyhandicapés du mouvement, temps pour prier ensemble…
Sur quatre rencontres, d’octobre 2018 à février 2019, nous avons médité avec quatre itinéraires de « géographie spirituelle » pour faire grandir la fraternité, en nous appuyant sur l’ouvrage « Les chemins du Serviteur » de Gilles Rebêche (Les Éditions de l’Atelier).
- De Jérusalem à Emmaüs (Lc 24), chemin de l’espérance, le ressuscité se révèle aux disciples découragés : comment, entre frères, ne pas perdre courage ?
- De Jérusalem à Gaza (Ac 8), chemin de la foi en dialogue, le diacre Philippe explique à l’eunuque, sur son char, les Écritures, puis il le baptise : comment rendre compte de notre foi en montant dans le char de celui que l’on rejoint, plutôt que de vouloir le faire monter dans notre propre char ?
- De Jérusalem à Jéricho (Lc 10), chemin de la charité et de la compassion, le bon Samaritain prend soin d’un homme blessé : ai-je conscience d’avoir été, un jour, « ramassé » par le Christ lorsque je vivais une épreuve ? Comment à mon tour me rendre proche du blessé de la vie, en frère ou sœur, sans m’approprier le soin ? Comment puis-je devenir le prochain de quelqu’un ? N’est-ce pas cela, la fraternité ?
- De Jérusalem à Damas (Ac 9), Saul le persécuteur devient Paul apôtre des nations. Comment nous libérer de nos positions dominantes et prendre la suite du Christ serviteur ?

À l’issue de ces quatre rencontres, nous avons vécu en mars une journée de récollection, en fêtant Notre Dame de la Lumière, patronne principale de notre mouvement. À cette occasion, plusieurs membres de l’ACGF de notre diocèse nous ont rejoint. Nous avons vécu un beau temps de fraternité en nous ouvrant les uns aux autres.
Le jeu de cartes diocésain a révélé ce que signifiait, pour les aveugles, mal-voyants et accompagnateurs, la fraternité.

Quelques florilèges échangés à partir des cartes choisies : « La fraternité, c’est se retrousser les manches » car on manque de fraternité autour de nous, et il y a du travail !

« La fraternité, c’est un cadeau » car si je suis ici, c’est que je suis aidé.
« La fraternité conduit à la paix », elle m’aide à considérer celui que je ne supporte plus comme un frère, et à retrouver avec lui une authentique relation.
« La fraternité, c’est l’accueil de l’autre dans sa fragilité, et oser dire sa propre fragilité  », en particulier avec nos handicaps visuels.
« La fraternité, c’est regarder l’autre comme Jésus nous regarde », elle m’aide à porter un regard d’amour, ce qui est parfois difficile…
« La fraternité, c‘est oser être en vérité », car cela permet une relation saine et authentique avec le frère ou la sœur.
« La fraternité, c’est vivre en pleine humanité », ouvert à celui qui est très différent de moi, si je lui porte attention.
« La fraternité, c’est un bon repas », moment convivial, sans figure imposée, et que Jésus a choisi pour se donner à ses frères dans le pain et le vin.

Le jeu de carte nous a alors conduit à un échange profond sur deux défis identifiés par la pastorale nationale de VOIR ENSEMBLE :
- Le premier défi est « Comment s’ouvrir à l’autre et aux autres ? » : le repli sur soi est contraire à la fraternité, et nous devons sans cesse ouvrir des chemins avec celles et ceux qui refusent de s’ouvrir aux différences.
- Le second défi est « Accompagner, dans la dignité, un frère ou une sœur porteur de handicap » : jusqu’où aider sans faire à la place de, ou encore ne plus voir la place de l’autre dans cette relation duelle d’accompagnement ?

Dans un monde difficile, nous avons reconnu les nombreux signes de fraternité. Ils sont un don de Dieu, mais comme tous les dons reçus, nous sommes chacun appelé à les faire fructifier. Le Seigneur nous l’a dit, il a donné sa vie pour cela. Ne laissons pas tomber son appel à Le suivre sur les chemins de la fraternité.

Christophe DONNET, diacre, aumônier diocésain du mouvement VOIR ENSEMBLE





Version imprimable de cet article Version imprimable
{#TITRE,#URL_ARTICLE,#INTRODUCTION}

Publié le : 16.03.2019 11:10 - Mis à jour le : 19.03.2019 21:23