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Les producteurs laitiers expliquent leurs difficultés et leurs actions

Répondant à l’invitation de l’Antenne Solidarité de la paroisse Saint Vincent en Lignon, des producteurs de lait sont venus expliquer à une assemblée conviée à Sail, les problèmes qu’ils rencontraient dans l’exercice de leur profession.

Répondant à l’invitation de l’Antenne Solidarité de la paroisse Saint Vincent en Lignon, des producteurs de lait sont venus expliquer à la soixantaine de personnes présentes, les problèmes qu’ils rencontraient dans l’exercice de leur profession. Venus de Marcilly-le-Châtel, Saint-Bonnet-le-Courreau, Saint-Martin-la-Sauveté, Saint-Georges-en-Couzan, Montverdun, ils représentaient la diversité de notre territoire rural, plaine, coteaux et montagne.
Leur intervention a débuté par l’historique de la production du lait en France. L’incitation des pouvoirs publics à la production laitière, puis le frein mis par l’instauration des quotas laitiers suivie de l’augmentation de ces mêmes quotas qui ont conduit à la surproduction et à la baisse du prix du lait. Cette baisse de 32 % en quinze mois met en danger l’équilibre financier de bon nombre d’exploitations devant faire face dans le même temps à l’augmentation des charges. Pour sortir de cette situation catastrophique, ils ont tenté des actions en douceur telles que le paiement de leurs cotisations MSA en litres de lait, mais leurs responsables ne les ont pas entendus et leur situation a continué à se détériorer. C’est ainsi qu’ils ont été contraints à des actions qui ont pu choquer.
A la question : « comment avez-vous pu gaspiller ainsi votre production ? » ils ont répondu : « ce geste de désespoir nous crève le cœur et il restera longtemps gravé dans nos mémoires.Notre travail ne vaut plus rien, on peut le jeter ».

Les producteurs souhaitent avant tout que le monde s’intéresse à leur problème et que leurs responsables au niveau départemental cessent de nier l’état de crise. Ils ne veulent pas des aides, qui, souvent, profitent plus aux industriels ; ils veulent avant tout pouvoir vivre de leur travail en assurant un revenu décent à leurs familles. Pour arriver à leurs fins, ils continueront leurs actions, mais des actions solidaires. Une solidarité connue depuis longtemps dans le monde paysan avec la création des CUMA pour le partage du matériel et du savoir-faire. Les actions de ces dernières semaines leur ont permis de mieux se connaître et de créer entre deux des liens qui les aideront à poursuivre la lutte.
Michèle DEVEAUX
Crédit Photos : Michèle Deveaux