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Pèlerinage en Terre Sainte : « notre foi et notre espérance sont vivifiés »
De retour de Terre Sainte, Françoise Moulin apporte son témoignage sur cet extraordinaire pèlerinage qui lui a permis de vivre un chemin de foi, d’espérance et de rencontres.
Un pèlerinage en Israël correspond à un moment si important dans une vie qu’il m’a paru nécessaire à mon retour d’indiquer comment je l’ai vécu et combien il m’a marqué.
Au départ j’avais envie de « marcher vers la terre promise » et j’avais envie de vivre un chemin de FOI, d’ESPÉRANCE et de RENCONTRES avec d’autres pèlerins qui partageaient les mêmes désirs. Le père Pelen a choisi pour nous un parcours qui nous a permis de cheminer non seulement dans des lieux où la présence de DIEU est particulièrement sensible mais aussi dans notre coeur.
Voici pour moi les points forts de nos diverses étapes :
Quelle merveille de commencer par le désert pour se dépouiller de tout ce superflu et pour se préparer à être plus attentif.
Le désert du NEGUEV n’est pas celui du SAHARA : c’est l’eau et le rocher : tous ces symboles de vie et de solidité, on sent la présence de DIEU.
Puis, nous imaginons les premières caravanes de nomades qui se déplacent pour s’installer (site archéologique d’AVDAT).
Nous suivons ensuite cette route à la rencontre du Seigneur sur les pas de notre père ABRAHAM accompagné de ses troupeaux, il s’est arrêté à BEER SHEVA pour conclure une alliance.
Enfin ce sont les alentours de la mer MORTE et déjà nous rencontrons le désir de puissance et l’ingéniosité des hommes avec la forteresse de MASSADA : des lieux de guerre mais aussi de résistance des juifs (70 après JC).
Un peu plus loin, nous découvrons ce qui reste d’un monastère Esséniens à QUMRAM avec certainement une intense activité religieuse du temps de notre Seigneur et nous nous souvenons de cette étonnante découverte récente des manuscrits de la mer MORTE qui sont la preuve d’une transcription très ancienne et tellement d’actualité du message de DIEU ;
Le parcours est magnifique, les panoramas sur la MER MORTE permettent de vivre ce passé si lointain ; mais ce que je retiendrai c’est une image fugace, un passage bien rapide devant EIN-GUEIDI où aurait été écrit le Cantique des Cantiques : des palmiers dans le désert, le rappel de l’AMOUR de notre DIEU.
J’écoute le prophète OSEE qui évoque si bien cet amour : « Je t’emmènerai au désert et je parlerai à ton coeur ».
L’endroit où notre SEIGNEUR est né n’est pas un lieu de PAIX.
Les visites au lieu dit le Champs des Bergers et à la Basilique de l’Annonciation sont très émouvantes, la célébration eucharistique dans une grotte qui rappelle celle où JESUS est né permet un vrai recueillement c’est un moment fort pour tous les pèlerins.
Toutefois, cette ville est déchirée avec un mur horrible signe de ces peuples qui n’arrivent pas à s’entendre : Israéliens, Palestiniens et tous ces chrétiens en souffrance. Notre guide juif n’est pas autorisé à pénétrer dans cette enceinte il est remplacé par un jeune arabe chrétien ; et puis ces contrôles de police cette suspicion. C’est aujourd’hui au milieu de ces « pauvres » qu’est célébrée la naissance du SEIGNEUR.
Nous visitons un orphelinat tenu par des religieuses, il accueille des enfants musulmans abandonnés, quelle misère. Le dévouement, la confiance de nos soeurs et le sourire d’un petit enfant ont bien du mal à nous dire qu’il faut garder ferme notre espérance.
Notre guide nous conduit d’abord au musée qui fait mémoire de la « shoah et du martyr des enfants », c’est un moment de grande tristesse face à une réalité si récente : pourquoi l’exclusion a-t-elle été poussée à son paroxysme ? Que cela n’arrive plus jamais ! Où est il notre DIEU ?
Jérusalem est le point central de notre pèlerinage, c’est la Ville SAINTE pour tant de religions.
Voici d’abord le panorama vu des hauteurs : des bâtiments superbes érigés à plusieurs époques et des vestiges d’un très lointain passé remontant à l’époque du ROI DAVID sont encore apparents.
Mais à l’intérieur, la ville grouille de monde, pleine de bruits d’odeurs et de gens qui se mêlent, qui s’ignorent ou se détestent, des personnes de toutes races et de toutes religions : juifs, musulmans, chrétiens (tradition orthodoxe et catholique).
On vénère le même DIEU, mais c’est un dieu chacun pour soi. Chacun veut avoir son plus beau monument et le contrôle de ce monument. Le mur des lamentations où prient les juifs est très près du Dôme du Rocher (musulman) lui même implanté à l’endroit où était le temple de JERUSALEM. Le Saint sépulcre est dominé par une imposante mosquée qui appelle régulièrement et bruyamment les fidèles à la prière.

Les larmes du CHRIST alors qu’il contemplait la ville paraissent être toujours d’actualité car nous connaissons hélas bien toutes ces divisions. La chapelle du DOMINUS FLEVIT rappelle ces paroles de notre Seigneur :
Mat.23- 37 : « Jérusalem, Jérusalem toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins et vous n’avez pas voulu »
Pourtant aussi bien au sein de cette ville que sur les monts qui l’entourent : Mont des Oliviers et Mont Sion, il y a partout l’empreinte du Christ et souvent l’émotion nous étreint, il y a des signes de la douleur de notre Seigneur mais aussi des signes de l’espérance qu’il nous a donnée.
Je cite simplement :
Du coté du Mont des Oliviers : Gethsémani avec cette pierre qui fait mémoire de la souffrance du Christ et de son abandon à son Père le jour de son arrestation. Non loin de là se trouve aussi le Carmel du PERE où Jésus nous a enseigné à prier dans la confiance absolue. Le « Notre Père » est inscrit dans toutes les langues du monde.
Du coté du mont SION : Saint-Pierre en Gallicante rappelle l’emprisonnement de Jésus vers le grand prêtre avec les vestiges des marches qu’il a peut être montées mais aussi le reniement de St Pierre. Une chapelle gothique bâtie au dessus du tombeau du ROI DAVID serait selon la tradition chrétienne le CENACLE le lieu de l’institution de l’Eucharistie notre source de VIE.
A l’intérieur de la ville :Le couvent de l’ ECCE HOMO situé à l’emplacement de l’ancienne forteresse de l’Antonia où a été condamné JESUS m’a beaucoup marqué. Ici il semble que la vie de certains hommes n’avait aucun prix, on décidait de leur sort et souvent de leur mort tandis que nous voyons encore aujourd’hui le tracé de jeux sur le sol pour amuser les soldats.
C’est donc dans cette ville, parmi la foule, derrière notre pasteur, en traversant des souks que nous avons commencé le chemin de croix, serrés comme des brebis qui ont peur de s’égarer.
Nous arrivons à la Basilique du Saint Sépulcre et dans la foule nous n’avons que peu de temps pour nous agenouiller devant le lieu où aurait été implantée la Croix. Comment prier ? Notre prière ne peut être que dérisoire. Nous n’avons pas le temps nécessaire pour suivre la longue file conduisant au Sépulcre. Nous atteignons enfin une petite chapelle du temps des croisés, c’est ici que nous célébrons la résurrection, dans le calme, ce moment est essentiel pour chacun de nous « Seigneur nous sommes si nombreux, si différents, mais qui que nous soyons par ta mort et ta résurrection tu nous prends tous pour nous conduire vers notre Père »
En soirée, nous avons une rencontre avec le président d’un mouvement pacifiste Israélien qui milite pour le respect des droits des palestiniens. Malgré des initiatives courageuses nous comprenons que beaucoup de chemin reste encore à parcourir tant que chefs d’état et chefs d’églises n’arriveront pas à s’entendre. Le lendemain, un espoir nous est donné, est-ce un signe ? Nous sommes à quelques kilomètres de JERUSALEM au monastère d’ ABBOUGOSH l’un des lieux où il est fait mémoire de la rencontre des disciples d’ Emmaüs avec le Christ ressuscité. Les bénédictins ont investi depuis peu (fin du 19e siècle) ce site désaffecté sur lequel est implantée une église du temps des croisés. Ils ont fait de cet endroit un jardin magnifique propice au ressourcement. Ils oeuvrent pour l’unité des chrétiens et sont ouverts aux musulmans. L’accueil est fraternel comme en témoigne le baiser chaleureux du frère à notre guide juif.
Nous reprenons la route, ce qui va nous permettre de suivre JESUS à la recherche de ses disciples et de nous imprégner de son message de PAIX et D’AMOUR.
A TAYBEH, l’ancienne EPHRAIM où Jésus a séjourné, la visite de la maison des paraboles nous rappelle l’enseignement de JESUS à travers des objets et tous ce qui faisait la vie quotidienne à l’époque. Ici l’endroit est entièrement chrétien ce qui n’est pas du tout commun. Un atelier de fabrication de lampes de la paix sous forme de colombe est à notre disposition.
Nous arrivons enfin autour du Lac de TIBERIADE pour nous installer au MONT DES BEATITUDES. Dès le petit matin nous sommes quelques uns à contempler le lever du soleil sur la mer de GALLILE : c’est comme une aube nouvelle où toutes nos valeurs trop humaines se renversent : il n’est plus nécessaire d’être les plus forts et les plus combatifs mais simplement se laisser remplir de Dieu
Puis nous célébrons l’eucharistie face à cette mer de Galilée ; la croix sur l’autel de pierre s’imprime dans le paysage, un petit mammifère (dont j’ignore le nom) gros comme un chat nous regarde paisiblement.
A TABGHA, nous visitons l’église de la multiplication des pains, et CAPHARNAUM nous rappelle cette vie intense au temps de Jésus. C’est aussi la ville de PIERRE dont nous découvrons les ruines avec sa synagogue et la maison du disciple.
Puis nous traversons le lac en bateau, et lorsque que nous nous arrêtons au milieu de l’eau, dans le silence, je revois dans mon coeur ces pécheurs simples et besogneux qui s’activent et qui en quelques secondes abandonnent tout pour se mettre au service de quelqu’un qui les dépasse infiniment. Les hymnes nationaux Français et Israéliens qui retentissent nous touchent profondément. Après 2OOO ans n’est ce pas encore un appel pour chacun d’entre nous ?
Voici maintenant le JOURDAIN ; à cet endroit l’eau est vive et limpide ; nous sommes nombreux à en récupérer pour le symbole que cela représente et pour transmettre ce symbole à nos enfants à nos petits enfants.
Le lendemain, nous allons au mont THABOR. Le panorama est splendide, la Basilique de la Transfiguration nous invite à contempler les peintures représentant l’événement : JESUS, Pierre, Jacques et Jean ; une chapelle pour MOISE et une chapelle pour ELI. Mais ici la révélation de DIEU faite aux apôtres dans la nuée est tellement forte qu’il m’aurait fallu un peu plus de temps pour prier. Je comprends encore mieux les paroles des disciples qui avaient besoin de retrouver leurs esprits pour savourer ce moment « dressons trois tentes ... ».
Au pied du mont THABOR nous voyons NAZARETH.
Voici l’endroit où notre histoire a changé il y a plus de 2OOO ans lorsque l’Ange du Seigneur est venu annoncer à Marie qu’elle serait la mère du SAUVEUR. La Basilique de l’ANNONCIATION et surtout la grotte où MARIE a reçu l’appel (à l’intérieur de cet édifice) commémorent cet événement : l’humilité et la disponibilité de la vierge. Pourtant MARIE est célébrée avec magnificence dans cette grande cathédrale puisque tous les pays du monde lui ont rendu hommage par de magnifiques peintures qui la représentent.
Voici aussi un endroit très émouvant où nous nous souvenons que JESUS a aussi vécu comme un homme de son temps ; nous avons très envie de retrouver tous les vestiges de ce passé ancien, comme si nous recherchions des souvenirs d’un très lointain parent. Nous avons alors la chance d’accéder à des fouilles sous le couvent des soeurs de NAZARETH. Ces fouilles récentes (fin du 19 ème siècle) nous permettent de voir des vestiges de plusieurs époques (Chapelle Byzantine) mais surtout de découvrir des maisons semi troglodytiques certainement du temps des premiers chrétiens (le signe du poisson se distingue sur une pierre). Tout au fond, bien caché, nous accédons à un tombeau : ce serait celui du juste : Joseph.
Tous ces souvenirs de ces vies simples et laborieuses, là où JESUS n’était pas encore reconnu, nous font revenir à notre vie quotidienne comme si nous reprenions racine dans cette vie terrestre, en gardant dans le coeur l’exemple de cette famille ; le retour est proche... Nous terminons la journée chez les Soeurs Clarisses où Charles de FOUCAULT a séjourné, message d’humilité et d’amour de DIEU.
Notre dernière nuit se passe chez les religieuses du MONT CARMEL où se trouve la grotte d’ ELI. Ici, le prophète a entendu la parole de DIEU :
1 ROIS 19 ( 9-13) : « Et voici que YAHVE passa ….il y eu un ouragan...mais YAHVE n’était pas dans l’ouragan et après l’ouragan un tremblement de terre, mais YAHVE n’était pas dans le tremblement de terre et après le tremblement de terre un feu, mais YAHVE n’était pas dans le feu et après le feu, le bruit d’une brise légère. Dès qu’ELI l’entendit, il se voilât le visage ».
Cette dernière visite est pour moi extrêmement significative. DIEU parle dans le silence, je m’en imprègne pour mon retour, je repense aux mots de : JOB 33 -14 : « DIEU parle cependant tantôt d’une manière tantôt d’une autre mais l’on n’y prend point garde ».
Ensuite, nous suivons la côte de la MEDITTERRANEE pour nous arrêter sur le site historique de CESAREE MARITIME, plusieurs fois dévasté, mais avec des vestiges du temps d’ HERODE LE GRAND, puis des CROISES. Une plaque sur laquelle est noté le nom de PILATE nous rappelle une dernière fois cette époque contemporaine de notre SEIGNEUR.
Notre dernier repas est dans un endroit où des photographies commémorent ISAAC RABBIN assassiné en 1995 alors qu’il avait dans sa poche un message de PAIX.
Encore des signes de violence mais un hommage à ceux qui veulent cette PAIX !
Nous sommes désormais à l’aéroport de TEL AVIV pour le départ. Notre périple en TERRE SAINTE à la rencontre du CHRIST, de nos pères comme ABRAHAM et de nos frères qui résident aujourd’hui dans ce pays est désormais terminé.
Notre Foi et notre espérance sont vivifiées ; avec la grâce de Dieu et notre bonne volonté, nous voudrions voir triompher l’amour. Jésus nous accompagne sur une nouvelle route là où nous vivons !
« JE SUIS LE CHEMIN LA VERITE LA VIE » (JEAN 14 – 6)
« JE NE VOUS LAISSERAI PAS ORPHELINS » (JEAN 14 -18)
« VOUS VERREZ QUE JE VIS ET VOUS AUSSI VOUS VIVREZ » (JEAN 14-19)
Françoise MOULIN
Pèlerinage en Terre Sainte du 4 au 13 novembre 2011