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galet Retour en images sur la marche diocésaine pour les vocations

La marche diocésaine pour les vocations organisée par le service diocésain pour les vocations et la délégation diocésaine à la famille s’est déroulée à Marlhes lundi 8 mai 2017.

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Témoignage du Père Jo Epalle pour ses 50 ans d’ordination

En relisant mon parcours, j’étais amené à naviguer entre deux livres : un livre de Fragilités et un Livre de Merveilles ! Aujourd’hui je laisserai le livre des Fragilités au fond du tiroir…pour ne feuilleter que celui des Merveilles ! Et rendre grâces pour ces Merveilles !

En vous regardant vous les enfants de 9 – 10 ans qui êtes là, je me dis que j’avais votre âge quand j’ai pensé à devenir prêtre. C’était en 1951-1952. Il y a 65 ans…c’est vieux ! La source de ma vocation : c’est bien sûr le Seigneur, ce bon berger dont l’évangile d’hier nous a parlé. Mais pour que j’aie pu entendre son appel, il y a eu besoin que cet appel passe par certaines personnes proches ! Il y a eu d’abord ma famille : une famille de 5 enfants où on s’entendait bien, une famille chrétienne où on était heureux d’être ensemble. Et puis mon parrain, prêtre, et aussi un autre oncle prêtre Marcel : je les aimais beaucoup tous les deux. Leur proximité a sûrement joué un rôle important. J’aimais bien les voir venir à la maison. A la relecture, leurs visites me font penser à la Visitation de Marie et d’Elisabeth : c’est-àdire qu’on échangeait surtout des bonnes nouvelles…avec beaucoup d’humour ! Il y a eu aussi l’école des Frères Maristes que j’ai bien appréciée. Et là, j’avais 2 copains de mon âge, Auguste Gras et Jean Montchovet, qui eux, sont devenus frères maristes.

De mon enfance à La Collière, le hameau où je suis né, des travaux à la ferme, j’ai gardé un profond attachement au monde paysan qui aura marqué les différentes périodes de mon ministère de prêtre. Et aussi le goût de la solitude, le plaisir de marcher dans les bois, dans la nature.

Le grand séminaire entre 1960 et 1967 : époque du Concile. Un souffle de renouveau. Le Concile Vatican 2 : c’est cette époque où tous les évêques du monde étaient réunis à Rome. Ils cherchaient comment mieux faire connaître Jésus dans un monde en évolution : recherches, propositions, débats. On voyait surgir la nouveauté : pour nous c’était très dynamisant !

En 1964, après le temps du régiment, je reste 7 mois à la ferme, mon papa étant souvent fatigué. A certains moments, je me posais la question : est-ce que tu retournes au séminaire ? Une certaine hésitation. Au mois d’août de cette même année, je vais faire les moissons dans une ferme céréalière de l’Yonne, un petit village : Cry sur Armançon. A la messe du 15 août, peu de participants, surtout des personnes âgées. Un vieux curé dont la santé paraissait fragile ! Pensant à Marlhes : Cry sur Armançon. A la messe du 15 août, peu de participants, surtout des personnes âgées. Un vieux curé dont la santé paraissait fragile ! Pensant à Marlhes où ce même jour il y avait encore 2 messes , avec beaucoup d’enfants, de jeunes, d’adultes, une église pleine. Quel contraste ! J’y repensais tous les jours qui ont suivi et même à mon retour à la fin du mois. Et je me suis dit : pour qu’il y ait des jeunes, il y a besoin de prêtres ‘’jeunes’’ pour les jeunes. La décision était prise : je reprenais les études au grand Séminaire à Francheville.

Certaines périodes de mon ministère en rural ont été très marquées par une vie en équipe de prêtres avec au jour le jour un partage, un soutien fraternel, des temps de relecture de nos activités pastorales avec partages autour de la Parole de Dieu, célébration de l’eucharistie. Je rends grâce…

Un autre aspect qui m’a nourri : ce groupe de formation permanente où nous nous sommes retrouvés pendant 35 ans tous les mois ½ pour travailler un livre traitant de questions importantes (théologie, philosophie, bible, questions sociales).
Ce groupe a maintenu en moi le besoin de travailler intellectuellement : souvent j’ai transpiré sur certains ouvrages un peu ardus. Mais le travail en groupe permettait de répondre à nos questions, d’y voir plus clair. Je reconnais que ça m’a fait grand bien… un précieux stimulant pour le ministère.

Et aussi une sorte de petit fil rouge qui apparaît à partir d’une rencontre en 1969 avec Jean Goss du MIR (Mouvement International de la Réconciliation) : un lien avec des réseaux nourris par l’esprit, la pratique de la non-violence. Le MIR d’abord, mais aussi l’Arche de Lanza del Vasto, Objections en monde rural et autres…Une conviction qui s’est affermie jusqu’à aujourd’hui : la non-violence qui fait tenir ensemble justice et paix – amour et vérité – me semble être le seul chemin possible pour une harmonieuse croissance de l’humanité et pour un bien ‘’vivre ensemble’’ en Eglise ! C’est le chemin de Jésus, le chemin de l’Evangile !

Tout au long de ces cinquante années, j’ai eu la chance d’accompagner l’Action Catholique des enfants…clubs Perlin, Fripounet, Triolos, le MRJC, le CMR, l’ACF, le MCR. Les temps de reprise avec les responsables de ces mouvements, les temps de relecture et d’approfondissement entre aumôniers m’ont permis de tenir un chemin de fidélité à ce qui marquait la vie des personnes, en les accompagnant sur leur chemin de foi.

Un autre aspect marquant de mon ministère : en chaque lieu où j’ai exercé mon ministère, on m’a confié la responsabilité du Service évangélique des malades. J’ai essayé de me rendre proche des malades jusqu’à aujourd’hui où je suis dans l’équipe d’aumônerie de l’Hôpital Nord. Là aussi je rends grâce pour ce qu’il m’a été donné de vivre avec les malades…  : en chaque lieu où j’ai exercé mon ministère, on m’a confié la responsabilité du Service évangélique des malades. J’ai essayé de me rendre proche des malades jusqu’à aujourd’hui où je suis dans l’équipe d’aumônerie de l’Hôpital Nord. Là aussi je rends grâce pour ce qu’il m’a été donné de vivre avec les malades…

J’ai eu la chance d’avoir parmi les prêtres qui m’ont accompagné, au moins deux d’entre eux qui insistaient toujours très fortement sur l’importance de l’Oraison. Ce temps de prière en tête à tête avec le Seigneur – pour moi c’était et c’est toujours tôt dans le silence du matin -où je peux lui dire tout ce qui me tient à coeur : des mercis – des demandes – des souffrances – des questions. Pouvoir dire et répéter presque inlassablement à Jésus : toi le crucifié, ressuscité merci d’être là Parole de Vie et Pain de Vie pour ce monde d’aujourd’hui. A toi Père plein de tendresse et de miséricorde : me voici tout petit devant toi, en toute confiance, pour faire ta volonté. A toi Esprit Saint, Esprit d’amour créateur, Esprit de Pentecôte : merci de me tenir dans la joie de l’évangile, joie d’être aimé et joie d’aimer.

Il me semble que ce temps de l’Oraison est nourri par une certaine manière de relire ce qui a été vécu la veille ou les journées précédentes : s’arrêter sur une rencontre, un coup de fil, une visite pour en voir la profondeur, la densité, les attentes, les questions…

Merci Seigneur pour toutes ces merveilles de ton amour ! espérant que ce Livre des Merveilles s’augmentera encore de nombreuses pages !

Et que, avec tous mes frères prêtres du diocèse, je puisse être un peu mieux serviteur de Jésus le Bon Pasteur, serviteur de sa Bonne Nouvelle : « Je suis venu pour que mes brebis aient la vie et la Vie en abondance »





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Publié le : 11.05.2017 14:38 - Mis à jour le : 11.05.2017 15:01