« L’Église, comme une mère, marche avec ceux qui marchent. Là où le monde voit des menaces, elle voit des fils ; là où l’on construit des murs, elle construit des ponts. Elle sait que son annonce de l’Évangile est crédible seulement lorsqu’elle se traduit en gestes de proximité et d’accueil ; et que dans tout migrant rejeté, le Christ lui-même frappe à la porte de la communauté. »
Léon XIV, Dilexi te, n° 75
Entrer sur le chemin
Les migrations sont aujourd’hui au cœur de bien des débats, particulièrement en cette période électorale. Elles donnent lieu à des prises de position politiques souvent tranchées.
Si elles suscitent des élans de solidarité et de fraternité, elles donnent lieu à des amalgames et à des préjugés. Elles font aussi naître des questions, des inquiétudes, parfois des peurs ou de l’hostilité. Il serait trop facile d’ignorer ou de disqualifier ces inquiétudes. Les balayer d’un revers de main serait aussi injuste que de les
instrumentaliser.
Les migrations interrogent réellement notre manière de vivre ensemble, la rencontre entre des cultures et des religions différentes, les capacités d’accueil de notre pays, son avenir. Nous n’entrons donc pas tous dans ce « Chemin d’Avent » avec les mêmes convictions.
Dans son message pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié 2026, le pape Léon XIV parle lui-même du « phénomène complexe de la migration ». Dans la continuité de ses prédécesseurs, il invite les chrétiens à ne pas en rester à « un concept abstrait » de l’accueil, mais à laisser cette conviction se traduire dans « une pratique pastorale durable ».
C’est bien cette tension que nous voulons habiter dans ce parcours.
Reconnaître la complexité des migrations ne dispense pas les chrétiens de l’hospitalité. Celle-ci traverse toute l’histoire biblique, l’enseignement de Jésus et la Tradition de l’Église. Cette Tradition n’est pas un manuel de morale sociale et n’apporte pas de réponses toutes faites aux questions politiques, économiques ou sociales que posent les migrations. Elle indique cependant à partir d’où nous cherchons ces réponses : la dignité de toute personne et la fraternité
Ce chemin d’Avent ne prétend pas convaincre,
mais ouvrir un chemin,
y compris pour ceux qui l’ont préparé.
Nous pouvons y entrer avec nos convictions et nos engagements, mais aussi avec nos questions, nos désaccords, nos résistances ou nos peurs. Il ne s’agit ni de les cacher ni de les ériger en certitudes. Nous pouvons les déposer devant Dieu.
Pendant quatre semaines, prenons le temps d’écouter les prophètes que nous propose la liturgie et les paroles du pape Léon XIV, de mieux connaître certaines réalités, de rencontrer des visages et des histoires, d’agir et de prier.
Entrer dans un chemin de conversion ne consiste pas à savoir d’avance où il nous conduira. C’est accepter que la Parole, la rencontre et la prière puissent déplacer notre regard.
« Marcher avec ceux qui marchent »,
c’est peut-être aussi accepter de nous mettre nous-mêmes en marche.
Jean-Louis Reymondier – diacre
Responsable de l’Antenne diocésaine Église et migrations

Avancer sur le chemin
Chaque semaine, seul, en couple, en famille ou en équipe, prenez le temps de méditer la Parole et son écho. Laissez-vous ensuite guider dans les étapes proposées.
✓ Déplacer son regard
✓ Agir
✓ S’informer
✓ Prier
Tout au long de cet Avent, deux communautés monastiques du Sénégal — les moniales de Keur Guilaye et les moines de Keur Moussa — nous accompagneront par leur musique. Une autre manière de laisser l’ailleurs venir jusqu’à nous.
L’essentiel n’est pas de tout faire,
mais de laisser la Parole faire son chemin en chacun, à son rythme,
et de se laisser rejoindre par celles et ceux qu’elle met sur sa route.
Vivre le Chemin…
- En téléchargeant la version imprimable du Chemin
- En suivant avec la version numérique :






