Les portes du Royaume sont ouvertes !
Père Brun o Cornier
Administrateur du diocèse de saint-Étienne
« Christ est ressuscité ! Il a vaincu la mort et mis fin au règne des ennemis. Il siège à la droite du Père et ouvre les portes de son royaume. Suivons-le dans la joie. Alléluia. » (Antienne de Pâques).
Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité ! Commence le temps de l’Esprit. Jésus, le Christ, relevé d’entre les morts par le Père, est enveloppé de l’Esprit Saint. Son humanité est accomplie. Elle n’est plus déterminée par les limites de nos êtres terrestres. Jésus, le Christ, n’est plus soumis aux règles de l’espace-temps. « Ce n’est plus ni à Jérusalem, ni sur cette montagne que vous adorerez le Père (…) l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » avait dit Jésus à la Samaritaine (Jn 4, 22-23).
Nous y voilà ! Dans l’Esprit, le Christ nous est présent, tout proche, plus que jamais, en tout temps et en tout lieu… et il tient sa promesse : « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. » (Jn 14,16-17)
La joie de Pâques est là : le don de l’Esprit, qui se déploie de Pâques à Pentecôte, nous habite, et il nous situe autrement dans le monde présent. Nous le voyons, ce monde, où les peurs s’accumulent en sombres nuages qui déchargent leur violence sur les plus faibles et les plus démunis. Nous en avons été, nous en sommes parfois complices. Les moines de Tibhirine l’ont bien exprimé, par leurs mots et par leur vie, avec les autres martyrs d’Algérie. Et aussi les jeunes béatifiés des camps durant la Seconde guerre mondiale : Antoine Charmet, Jean Chavet et les autres…
Quoi qu’il arrive, quoi qu’il se passe dans nos cœurs, dans nos vies, nos familles, nos quartiers, nos villes et nos villages, quoi qu’il se passe dans notre pays et dans le monde, nous sommes habités d’une autre lumière. Nous ne sommes pas hors du temps. Nous sommes appelés plus encore à œuvrer au cœur de ce monde pour le bien. Dans le concret de notre travail, de nos activités, de nos relations, de nos services, de nos missions, avec chacun nos talents et nos charismes. Mais nous n’avons plus peur. Nous n’avons plus pour horizon nos intérêts personnels limités. Notre vie est embellie parce qu’elle est donnée.
Nous avons toujours à apprendre, tous, et déjà à travers les études pour les plus jeunes, sans jamais renoncer à chercher, à trouver des idées, à ouvrir des chemins pour répondre aux défis du monde présent, chacun à notre échelle, concrètement, là où nous sommes, là où nous vivons.
« Fleuris, là où Dieu t’a planté ! » écrivait saint François de Sales. Christ est ressuscité ! Avançons, les portes du Royaume sont ouvertes !


































