Annoncer l’Évangile
à l’école de saint François
Père Bruno CORNIER
Administrateur du diocèse de Saint-Étienne
Le Congrès mission à Lyon du 9 au 11 octobre puis la semaine missionnaire mondiale du 11 au 18 octobre : mission ici et partout. « Être proche de ceux qui sont loin sans être loin de ceux qui sont proches ».
« En ce temps-là, comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : « Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! » Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » Luc (11, 27-28)
Belle expression de joie de cette femme devant Jésus en train d’enseigner. Elle ne peut contenir sa joie. On peut la comprendre : elle vit au présent les merveilles de Dieu.
Suit la brève réponse de Jésus qui pourrait être reçue comme une douche froide éteignant le feu des enthousiasmes. Mais, avec le Christ, c’est toujours un appel à aller plus loin.
Je pense à l’histoire de ce jeune frère de saint François d’Assise qui a pu, lui aussi, être un peu refroidi. François l’avait invité à l’accompagner en mission : « Mon frère, allons prêcher en ville ». Ils partent ensemble, marchent dans les principales rues, saluent les personnes qu’ils croisent, avec grande bonté et courtoisie, sourient aux enfants, viennent en aide à une personne âgée, réconfortent des malades, prennent leur temps pour écouter patiemment des personnes blessées par la vie. Ainsi pendant des heures, en traversant les ruelles, les places, les marchés ; mais François ne fait pas le moindre prêche.
Le jeune frère, étonné et déçu demande : « Père, quand allons-nous annoncer l’Évangile ? ». François sourit : « Frère, nous l’avons fait. Notre attitude en marchant a été notre prédication : nous avons été témoins du Seigneur par notre joie et notre manière de vivre et d’aimer. » Évidemment, saint François a aussi parcouru villes et villages en prêchant, notamment la pénitence, parce que le pardon et la réconciliation permettent le retour de la joie.
La réponse de Jésus dans l’Évangile de Luc commence par un mot qu’il a prononcé bien d’autres fois : « Heureux ». Parce que Dieu veut le bonheur des hommes, il indique un chemin. La piste que donne Jésus : écouter la parole de Dieu ; et la garder. Je ne peux entendre ce double appel sans penser à ce verset : « Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur ». Celle qui a porté en elle Jésus est l’exemple même de ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent. Et son bonheur s’exprime dans sa prière : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon sauveur. » Une autre des rares paroles de Marie dans l’évangile : « Faites tout ce qu’Il vous dira. »
Pour nous enraciner dans la foi et pour témoigner, nous avons à vivre ces différents conseils évangéliques :
- Écouter la Parole de Dieu,
- La méditer et la garder dans notre cœur,
- La mettre en pratique, comme saint François.
Avec ces pistes, cette cohérence de vie, nous pouvons et devons annoncer, aussi avec des mots, pour le bonheur de nos frères humains : heureux !
Telle est notre mission !


































