Nadim Ghodbane, dans un exposé aussi riche que dense a donné le sens du jeûne de Ramadan dans l’Islam :
« Le jeûne véritable ne concerne pas seulement le corps, il est une mise en silence de l’ego, une suspension des automatismes, une brèche ouverte dans l’opacité du moi… La mystique islamique
enseigne que l’excès nourrit l’oubli, tandis que la privation ouvre la mémoire intérieure. La satiété épaissit le voile, la faim l’amincit… L’âme, délestée de la pesanteur du trop-plein, devient plus
réceptive….
Le Ramadan devient une école de présence. Ne pas manger est une chose. Mais ne pas se nourrir de rancune, d’orgueil, de médisance ou d’illusions en est une autre. Le jeûne mystique est un jeûne du regard, de la langue, de l’imaginaire…Â
Le jeûne n’est pas une performance ascétique, il est un dévoilement. Il montre à l’humain son attachement au confort, son besoin de reconnaissance. Et, en même temps, il lui offre la possibilité de se libérer…
Le jeûne n’est pas seulement vertical, orienté vers Dieu, il est aussi horizontal, il ouvre à la compassion.
En expérimentant volontairement le manque, le croyant se solidarise avec ceux pour qui le manque n’est pas un choix… le secret ultime du jeûne : apprendre que le vide n’est pas absence mais espace d’accueil.
Dans un deuxième temps, le père Philippe et Georges ont rappelé que le Carême est un temps de pénitence pour se préparer à la fête de Pâques.
Cette pratique ancienne est marquée par trois éléments: la prière, le jeûne et le partage, en vue d’une purification. Le carême est une préparation en vue de recevoir l’amour infini de Dieu, qui s’est révélé dans la résurrection de Jésus.
Mais c’est à chacun de nous de chercher sa voie, c’est à nous de choisir ce dont nous voulons nous dépouiller et cette démarche pour retrouver notre liberté se fait dans la discrétion.
Le carême a aussi une dimension collective. Ainsi, les dominicains proposent < Carême dans la ville » et le diocèse de Saint-Étienne nous accompagne aussi sur son site < Avec Jésus, vivre le temps de carême ». À côté de ces suggestions de réflexions et de prières, nous sommes également invités au partage avec les plus pauvres.
Cette rencontre a été l’occasion de mieux nous connaître : Nous expérimentons la fraternité concrètement et non d’un point de vue intellectuel et théorique…en gardant nos identités différentes,
nous reconnaissons que nous avons en commun des valeurs, et, surtout, le fait de nous remettre à quelque chose de plus grand que nous l’absolu, Dieu. »
À 18h47, ce fut la rupture du jeûne avec dattes et lait fermenté suivie d’un temps de prière : le amine musulman a fait écho à l’amen chrétien.
Enfin, dans une ambiance chaleureuse et détendue, la cinquantaine de participants a longuement échangé autour d’un bol de harira (soupe marocaine traditionnelle pour Ramadan) préparée par Mijo et Isabelle.
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Source : bulletin paroissial d’avril 2026Â

































